Stratégie
Location courte durée ou à l’année : que choisir à Marseille ?
Revenus, charges, travail, fiscalité et règles marseillaises : je compare les deux formules, chiffres à l’appui, pour vous aider à choisir en connaissance de cause.

C’est souvent la première vraie question d’un propriétaire : louer son appartement aux voyageurs, à la nuit, ou à un locataire, à l’année ? On entend tout et son contraire. La courte durée « rapporte deux fois plus », la location classique « ne demande aucun effort ». La vérité est plus nuancée, et à Marseille, la réglementation tranche parfois à votre place. Je vous propose de comparer les deux, chiffres à l’appui, aussi franchement que je le fais avec les propriétaires que je rencontre.
Ce que rapporte chaque formule
Prenons un exemple concret, que je rencontre souvent : un T2 meublé d’une quarantaine de mètres carrés, bien situé à Marseille.
À l’année, il se loue autour de 800 € par mois dans les annonces, de 650 à plus de 1 000 € selon le quartier. Soit environ 9 600 € de loyers par an, si le logement ne reste jamais vide entre deux locataires.
En courte durée, le même T2 se loue en moyenne 110 € la nuit. Tout dépend alors du nombre de nuits louées :
| Formule | Base de calcul | Revenus bruts par an |
|---|---|---|
| Location à l’année | 800 € par mois, 12 mois | environ 9 600 € |
| Courte durée, 40 % de remplissage (moyenne du secteur) | environ 146 nuits à 110 € | environ 16 000 € |
| Courte durée, 80 % de remplissage (nos biens) | environ 290 nuits à 110 € | environ 32 000 € |
Ordres de grandeur avant frais et impôts. Loyer d’après les annonces de T2 à Marseille en 2026 ; prix de la nuit et remplissage d’après les biens que nous gérons.
Sur le papier, l’écart est net. Mais on ne compare pas encore la même chose : un loyer arrive presque net sur votre compte, alors qu’un chiffre d’affaires de courte durée doit encore payer plusieurs frais.
Ce que le chiffre d’affaires ne dit pas
En location à l’année, le locataire paie lui-même son électricité, son eau et son internet. En courte durée, tout est à votre charge. Voici ce qu’il faut prévoir en plus :
- Les charges du logement : électricité, eau, internet, assurance adaptée à la location aux voyageurs.
- Le ménage et le linge, en bonne partie couverts par les frais de ménage payés par les voyageurs.
- Les consommables : café, produits d’accueil, papier toilette, petits remplacements.
- L’équipement : un logement bien meublé, décoré et climatisé se loue mieux et plus cher, mais il s’use plus vite.
- Les frais de la plateforme, prélevés sur chaque réservation : 15,5 % sur Airbnb à partir du 13 octobre 2026 (voir notre comparatif Airbnb ou Booking).
- La gestion : si vous déléguez, une conciergerie prend généralement de 15 à 25 % des revenus. Chez nous, c’est 15, 20 ou 25 % selon la formule, sans aucun frais fixe.
Même après ces frais, une courte durée bien remplie reste en général plus rentable qu’une location à l’année. À 40 % de remplissage, en revanche, l’écart se réduit fortement : c’est pourquoi le nombre de nuits louées est le vrai sujet. Je détaille ce calcul dans notre article sur ce que peut rapporter un appartement à Marseille.
La taxe de séjour, elle, ne compte pas dans vos frais : elle est payée par le voyageur. Je vous explique son fonctionnement dans notre article sur la taxe de séjour à Marseille.
Travail, souplesse et risques
| Critère | Location à l’année | Courte durée |
|---|---|---|
| Temps à y consacrer | faible, une fois le locataire installé | quotidien : messages, arrivées, ménages, prix |
| Revenus | réguliers et prévisibles | plus élevés, mais variables selon la saison |
| Profiter du logement | impossible pendant le bail | possible : vous bloquez les dates que vous voulez |
| Principal risque | les impayés, et un locataire difficile à faire partir | un calendrier qui se vide, l’usure et les petits dégâts |
| Récupérer son bien | seulement à l’échéance, selon des règles strictes | à tout moment, entre deux séjours |
La souplesse est souvent sous-estimée. Un propriétaire qui veut revendre dans deux ans, occuper son logement l’été ou le prêter à sa famille garde toute sa liberté en courte durée. Avec un bail classique, il s’engage pour au moins un an en meublé, trois ans en location vide.
Courte durée ou à l’année : quel choix pour votre bien ?
Je compare les deux formules avec vous, avec les vrais chiffres de votre logement et les règles de votre commune. C’est gratuit, et si la location à l’année vous convient mieux, je vous le dirai.
À Marseille, la réglementation décide souvent pour vous
Avant même de parler rentabilité, il faut savoir si la courte durée est permise pour votre logement. À Marseille, les règles ont beaucoup changé depuis 2025 :
- Votre résidence principale : vous pouvez la louer aux voyageurs 90 nuits par an au maximum depuis le 1er janvier 2026. C’est un complément de revenu, pas une alternative à la location à l’année.
- Une résidence secondaire ou un investissement : la location aux voyageurs demande une autorisation de changement d’usage avec compensation, dès le premier logement. Concrètement, il faut transformer un local en logement, ou acheter des droits à un propriétaire qui l’a fait. C’est un vrai projet, avec un coût.
Pour beaucoup d’investisseurs marseillais, la conclusion est donc simple : sans autorisation, c’est la location à l’année, meublée ou vide, ou le bail mobilité. J’explique tout cela dans notre article sur les règles de location à Marseille.
Côté location à l’année, Marseille n’applique pas l’encadrement des loyers comme Paris ou Lyon : vous fixez librement le loyer à la première mise en location. En revanche, comme la ville est en zone tendue, le loyer d’un nouveau locataire doit en principe être fixé à partir de celui du précédent, sauf exceptions comme des travaux importants.
En dehors de Marseille, la situation est souvent plus ouverte. Sur la Côte Bleue, à Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins ou Ensuès-la-Redonne, une résidence secondaire peut en général être louée aux voyageurs après une déclaration en mairie, selon les règles de chaque commune. Je les présente dans notre article sur la location saisonnière sur la Côte Bleue.
La fiscalité : ce qui change selon la formule
Pour des revenus modestes, chaque formule a son régime simplifié, avec un abattement forfaitaire qui représente vos charges :
| Type de location | Abattement | Plafond de recettes |
|---|---|---|
| Location vide à l’année (micro-foncier) | 30 % | 15 000 € |
| Location meublée à l’année (micro-BIC) | 50 % | 83 600 € |
| Meublé de tourisme non classé (micro-BIC) | 30 % | 15 000 € |
| Meublé de tourisme classé (micro-BIC) | 50 % | 83 600 € |
Plafonds applicables aux recettes encaissées à partir de 2026, d’après service-public.fr.
Deux points à retenir. D’abord, depuis la loi Le Meur, un meublé de tourisme non classé est le moins bien traité : 30 % d’abattement seulement, et au-delà de 15 000 € de recettes, il faut passer au régime réel. Faire classer son logement en étoiles rétablit l’abattement de 50 %.
Ensuite, au régime réel, le statut de loueur en meublé permet de déduire les charges et d’amortir le logement et les meubles. Mais depuis 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value quand vous revendez. Le bon choix dépend de votre situation : faites le point avec votre expert-comptable.
Le diagnostic énergétique : deux calendriers
- Pour une location à l’année, un logement classé G ne peut plus être loué depuis le 1er janvier 2025. Ce sera le cas des logements classés F en 2028, puis E en 2034.
- Pour un meublé de tourisme soumis à autorisation, le DPE doit être compris entre A et E, puis entre A et D à partir du 1er janvier 2034.
Si votre DPE est mauvais, la courte durée n’est donc pas une porte de sortie. Quelques travaux ciblés, comme l’isolation, les fenêtres ou le chauffage, suffisent parfois à changer de classe, et ils profitent aux deux formules.
Les solutions entre les deux
- Le bail mobilité : une location meublée de 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie, réservée aux étudiants, stagiaires, apprentis, volontaires en service civique et salariés en formation ou en mission. C’est une bonne option pour un logement proche d’un pôle d’emploi ou d’un hôpital, comme la Timone.
- Louer sa résidence principale pendant ses absences, dans la limite des 90 nuits à Marseille : en visant les dates les plus demandées, comme l’été et les grands événements, on en tire le meilleur prix.
- Alterner un bail étudiant de 9 mois et la courte durée l’été : c’est possible là où la location aux voyageurs d’une résidence secondaire est permise, mais pas à Marseille sans autorisation.
Mon avis : comment choisir
La courte durée est faite pour vous si :
- elle est permise pour votre logement : résidence principale à Marseille dans la limite de 90 nuits, bien autorisé, ou bien situé dans une commune qui l’accepte ;
- votre logement a des atouts qui plaisent aux voyageurs : emplacement, vue, extérieur, climatisation ;
- vous voulez garder la possibilité d’en profiter, ou de le vendre librement ;
- vous la confiez à quelqu’un qui s’en occupe tous les jours, ou vous avez le temps de le faire vous-même.
La location à l’année est faite pour vous si :
- votre logement est un investissement à Marseille sans autorisation de changement d’usage ;
- vous cherchez avant tout un revenu régulier et peu de contraintes ;
- votre logement est peu touristique, loin des transports, de la mer et du centre.
Dans tous les cas, mieux vaut un bon conseil au départ qu’une amende à l’arrivée. Quand je rencontre un propriétaire, je commence toujours par vérifier ce que la règle permet pour son bien, avant de parler chiffres.
Questions fréquentes
La location courte durée rapporte-t-elle vraiment plus que la location à l’année ?
En général oui, quand le logement est bien rempli. Un T2 loué environ 800 € par mois à l’année rapporte 9 600 € par an, contre 16 000 à 32 000 € de chiffre d’affaires en courte durée selon le remplissage. Mais la courte durée a plus de frais : charges, ménage, équipement et gestion.
Puis-je louer mon investissement locatif sur Airbnb à Marseille ?
Seulement avec une autorisation de changement d’usage, accordée avec une compensation, dès le premier logement. Sans elle, il faut choisir la location à l’année, meublée ou vide, ou le bail mobilité.
Quel est le régime fiscal le plus avantageux ?
Au régime micro, la location meublée à l’année et le meublé de tourisme classé bénéficient d’un abattement de 50 % jusqu’à 83 600 € de recettes. Le meublé de tourisme non classé n’a que 30 % d’abattement, jusqu’à 15 000 €. Au-delà, le régime réel peut être plus intéressant : voyez-le avec votre expert-comptable.
Peut-on passer de la location à l’année à la courte durée ?
Oui, mais seulement à la fin du bail, en respectant les délais et les motifs de congé prévus par la loi. Et il faut que la courte durée soit permise pour votre logement : à Marseille, cela suppose qu’il s’agisse de votre résidence principale, ou d’obtenir une autorisation.
Qu’est-ce que le bail mobilité ?
C’est un bail de location meublée de 1 à 10 mois, non renouvelable et sans dépôt de garantie, réservé aux personnes en formation, en études, en stage, en apprentissage, en service civique ou en mission professionnelle. Il relève de la location classique, et non de la location touristique.


